Le Cygne : façade, hauteur et histoire sur la Grand-Place
Le Cygne, au numéro 9 de la Grand-Place, atteint 28 m dans le référentiel municipal. Cette ancienne auberge est reconstruite en 1698, puis rachetée par les bouchers en 1720. Son dôme et son belvédère permettent de reconnaître la façade.
Données au 11 octobre 2026.

Les repères devant la façade
| ID du bâtiment | 009 |
|---|---|
| Adresse | Grand-Place, 9 |
| Hauteur totale (m) | 28 |
| Fonction historique | Auberge, puis maison particulière rachetée en 1720 par la corporation des bouchers |
| Reconstruction | 1698 |
Source des adresses, hauteurs, fonctions historiques, dates et décors : Ville de Bruxelles / Data Management ; Behind Brussels ; Google Maps. CC BY 4.0. Données au 11 octobre 2026 (lecture du jeu municipal). Textes reformulés, sept maisons regroupées ; hauteur sans date de mesure fournie.
Reconnaître Le Cygne au numéro 9
Le Cygne se trouve au numéro 9 de la Grand-Place. La Ville donne au bâtiment une hauteur de 28 mètres. Sa façade adopte le style classique français : une composition sobre et monumentale, couronnée par une toiture en dôme et un belvédère. Ce dernier terme désigne le petit couronnement placé au-dessus du toit. Il constitue un bon point d’arrivée pour une observation qui commence au niveau de l’enseigne.
Le nom de la maison appartient au système des enseignes parlantes : l’image évoque directement le nom du lieu. Ce premier décor se distingue des allégories associées ensuite aux bouchers.
D’une auberge à la maison des bouchers
L’histoire des fonctions du Cygne ne commence pas avec une corporation. La maison est d’abord une auberge, puis une propriété particulière. Les bouchers l’achètent en 1720. Cet enchaînement explique pourquoi la façade porte des références à la fois individuelles et professionnelles. Le nom d’un propriétaire, Pierre Fariseau, apparaît dans la description de son premier programme décoratif, limité à l’enseigne et à son monogramme.
Un monogramme rassemble des lettres utilisées comme marque personnelle. À la différence d’un emblème de métier, il renvoie ici à un propriétaire nommé. Gardez cette distinction pour regarder le décor : l’enseigne identifie la maison, le monogramme rappelle son histoire privée, et les allégories traduisent une lecture corporative. La succession des fonctions rend Le Cygne particulièrement intéressant pour comprendre que les maisons de la Grand-Place n’ont pas toutes été conçues dès l’origine pour le métier auquel elles sont associées.
1698 : la reconstruction de Cornelis Van Nerven
La reconstruction du Cygne est datée de 1698 et attribuée à l’architecte Cornelis Van Nerven. C’est le premier jalon à retenir pour la façade que vous observez. Le rachat par les bouchers intervient ensuite, en 1720. Construction et changement de propriétaire ne coïncident donc pas : le bâtiment précède cette étape de son histoire corporative.
Ces deux dates permettent d’éviter une lecture trop rapide. Une maison connue comme celle des bouchers peut conserver une composition issue d’un projet antérieur à leur achat. Pour comparer Le Cygne à la Maison des Brasseurs, au numéro 10, retenez aussi leur point commun : les deux notices donnent 1698 comme année de reconstruction. Les architectes et les choix décoratifs diffèrent pourtant. Au Cygne, observez le dôme et la retenue classique ; chez les Brasseurs, cherchez les reliefs de métier et la statue équestre.
Agriculture, Boucherie et Abondance
Au fronton du Cygne, la notice française décrit l’Agriculture et la Boucherie de part et d’autre d’une figure de l’Abondance. Une allégorie représente une idée par un personnage ou une scène. Ici, ce décor met en relation la production, le métier des bouchers et l’idée de prospérité. Regardez d’abord la figure centrale, puis les deux figures qui l’encadrent, pour comprendre cette organisation.
La Ville formule prudemment l’origine de ce complément : les bouchers auraient enrichi le programme décoratif après leur acquisition. Elle indique aussi une restitution au XIXe siècle. L’attribution du programme à la corporation reste donc une hypothèse de la source, et le décor décrit n’est pas présenté comme intégralement conservé depuis 1698. Ces précisions donnent une lecture plus juste des sculptures. On admire une représentation du métier, mais également le travail de restitution qui a participé à son aspect.
Les restaurations de 1895 à 1904 et de 2008
Une campagne de restauration s’étend de 1895 à 1904. La notice municipale mentionne ensuite une autre restauration menée par la Ville, achevée en 2008. Le Cygne porte ainsi trois jalons bien distincts : la reconstruction de 1698, la campagne de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, puis celle terminée en 2008. Chacun appartient à une étape de la conservation de la maison.
La Maison des Brasseurs est restaurée de 1893 à 1900, puis lors d’une campagne également achevée en 2008. Les deux maisons partagent certains jalons de conservation.
Une adresse dans l’histoire politique du XIXe siècle
Le Cygne ne se découvre pas uniquement à travers les corporations. La notice de la Ville indique que Karl Marx et Friedrich Engels ont fréquenté l’établissement en 1848. Elle précise également que le Parti ouvrier belge y a été fondé en 1885. Ces deux dates introduisent une autre dimension de la maison : celle d’un lieu de rencontre inscrit dans l’histoire politique du XIXe siècle.
Ces événements sont postérieurs à la reconstruction de 1698 et à l’achat par les bouchers en 1720. Ils précèdent la campagne de restauration commencée en 1895.
Le Cygne et les Brasseurs : deux façades à comparer
Les adresses 9 et 10 offrent un rapprochement particulièrement parlant. Les hauteurs données par la Ville sont proches, 28 mètres pour Le Cygne et 26 mètres pour les Brasseurs, mais leurs couronnements les distinguent. Le Cygne possède un dôme terminé par un belvédère. La Maison des Brasseurs présente un fronton courbe, un pignon et une statue équestre de Charles de Lorraine.
Leurs histoires de métier diffèrent aussi. Le Cygne passe d’une auberge à une maison privée avant l’achat par les bouchers. L’Arbre d’Or accueille successivement des tanneurs et des tapissiers, puis les brasseurs. Comparez enfin les sujets représentés : allégories de l’Agriculture, de la Boucherie et de l’Abondance d’un côté ; cueillette du houblon, transport de tonneaux et vendanges de l’autre. Cette observation transforme deux façades de taille comparable en deux récits professionnels distincts.
Comparer les façades de ce côté de la place
| Façade | Adresse | Hauteur (m) |
|---|---|---|
| Hôtel de Ville | Grand-Place, 8 | 96 |
| Le Cygne | Grand-Place, 9 | 28 |
| La Maison des Brasseurs (L'Arbre d'Or) | Grand-Place, 10 | 26 |
Le Cygne dépasse la Maison des Brasseurs de 2 m (28 contre 26 m). La tour de l’Hôtel de Ville culmine 68 m au-dessus de la hauteur du Cygne (96 contre 28 m).
Carte et adresse pour se repérer
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- Musée de la Ville de Bruxelles / Maison du Roi : 19 m à vol d’oiseau entre les points des référentiels.
- Le passage : 144 m à vol d’oiseau entre les points des référentiels.
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